Berlin Kabarett (Critique)

Berlin Kabarett

de Stéphan DRUET

Musique : Kurt WEILL, Stéphane CORBIN, Friedrich HOLLAENDER, Fred RAYMUND, Dajos BÉLA et Henri CHRISTINÉ

Arrangements musicaux : Anne-Sophie VERSNAEYEN

Percussions : Loïc OLIVIER

Cornet : Victor ROSI

Chorégraphies : Alma DE VILLALOBOS

Costumes : Denis EVRARD

Lumières : Christelle TOUSSINE

Chef de Chant : Vincent HEDEN

Avec Marisa BERENSON,  Stéphane CORBIN ou Simon LEGENDRE, Sebastiàn GALEOTA et Jacques VERZIER ou Olivier BREITMAN

jusqu’au 15 juillet 2018

Au Théâtre de Poche Montparnasse

 

Dans une ambiance feutrée et non dénuée d’un certain charme, Simon LEGENDRE ou Stéphane CORBIN nous accueille accompagné de deux autres musiciens alors que s’affaire un serveur, habillé pour la circonstance, chargé de s’assurer que les clients-spectateurs ne manquent pas de vin. Le décor est donc déjà planté !
Sur le thème du désir, de la possession, du spectacle vivant, des interdits sur fond de répression et de clandestinité, on ne boude pas notre plaisir d’entrer dans l’intimité souvent caustique des personnages qui font les soirées de ce cabaret berlinois. On imagine Stéphan DRUET, grand fan du Cabaret de Bob FOSSE avec Liza MINELLI et rejoué à Paris aux Folies Bergère en 2006. Cependant, si Berlin Kabarett s’approche de ce classique de Broadway, il le frôle sans jamais l’épouser. Il s’y aventure sans jamais s’y installer et garde donc ainsi son identité : différente en lui rendant hommage. A propos de frôler : l’indécence est aussi caressée par l’ensemble sans en devenir choquante, grossière, perverse ni même gênante. Entre extravagance et extraversion, le spectacle nous fait nous incliner face à la multitude de talents qui s’offre à nous. Les artistes ne manquent pas d’aptitudes diverses et chacun fait montre de plus d’un art : les musiciens jouent aussi la comédie et même le serveur qui abreuvait le public avant le show est de la partie : Gaston RÉ puisqu’il convient de le citer. Simon LEGENDRE est, comme il nous y a habitué (La Vie Parisienne… ou presque, Tea For Three, La Tour de 300 mètres) toujours à l’aise au piano tout en jouant la comédie. Oui, il joue du piano tout en jouant le texte avec une facilité déconcertante.
Stéphane CORBIN (Les Funambules, 31, Les Vibrants, Chagrin pour soi), un des compositeurs des titres de Berlin Kabarett continue de nous montrer qu’il a la faculté de faire monter en nous une émotion, une mélancolie qu’on ne pourrait décrire. Cette mélancolie atteint son paroxysme pour l’inoubliable titre Les Deux Côtés qui vient faire rouler les larmes sur nos joues. Dans chaque pièce qu’il met en musique, il arrive à provoquer ça. Et même les textes en allemand, dont la plupart du public ne comprend pas un traitre mot, parviennent aussi à nous charmer. Cette langue très gutturale trouve ici sa beauté !
Marisa BERENSON (Mort à Venise, Cabaret, Barry Lyndon) tient son rôle avec conviction, nous prouve comme c’eut été nécessaire que pour tenir une scène et un public, il n’est pas nécessaire d’éructer et de montrer ses poumons façons chanteuses dites « à voix ». Quant à Sebastiàn GALEOTA (Evita, Renata), qui n’est pas sans rappeler un bon mix entre le MC joué par Fabian RICHARD aux Folies et Alexandre FAITROUNI par ses expressions dans le regard, il nous bluffe par l’étendue de ses numéros burlesques… Notamment, son numéro de claquettes et ça fait bien longtemps qu’on en avait pas vues qui soient exécutées avec maîtrise en France.
Nous restons les témoins impuissants d’une histoire connue, intense et presque mystique au cours de laquelle on ne peut que s’incliner face au sublime de ces profils si troublants. Le Cœur et la raison s’embrassent dans un spectacle où chacun a sa place et où chaque détail compte. Où rien n’est laissé au hasard, des accessoires posés ça et là aux décors. De la lumière des scènes aux costumes. Il y a tant à voir qu’on n’a qu’une envie : revenir ! C’est qu’il doit y avoir  le diable là-dedans !!! On n’est comme un surfeur qui rate son tube, prend toute la force de la vague sur la gueule mais qui y retourne quand même tant c’est bon !

L’histoire

Kirsten dirige un cabaret du Berlin décadent dont elle mène la danse sans scrupule, en pleine république de Weimar. Entourée de son fils, son ex-amant auteur, un compositeur en vogue et deux musiciens, elle nous entraine dans les souvenirs d’une gloire passée. Une traversée satyrique de l’époque la plus sombre de l’Allemagne où la création artistique est à son apogée.

 

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Aurélien.

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