Les Funambules (Critique)

Les Funambules

de Stéphane CORBIN

Avec il serait difficile de tous les citer !!!

Tous les lundis à partir du 6 novembre 2017

Au Studio Hébertot

Bien, vous avez cliquez sur ce lien alors que le visuel présente des couples du même sexe qui s’embrassent… Vous êtes donc bien partis pour apprécier un concert de Les Funambules. Et je suis assez bien placé pour déclarer qu’il n’y pas à se poser la question « Dois-je prendre le temps d’y aller ou non ?  » En effet, je connais le projet depuis longtemps, depuis les chansons jusqu’à l’état d’esprit en passant par les clips et bien des personnes tels que Mike Fédée, Les Jumeaux Conquet et d’autres encore, m’ont parlé des concerts avec enthousiasme. Et il a fallu que j’attende le concert événement donné à l’Alhambra ce 12 juin 2017 pour me déplacer. Les précédentes fois, il ne s’agissait en aucun cas d’un manque d’envie mais d’un manque de temps.

Les Funambules parlent de tolérance sans tomber dans la moralisation, d’homosexualité sans tomber dans les clichés, du silence, des réactions incompréhensibles souvent dans l’émotion mais aussi avec autodérision. Loin des caricatures ! Ainsi, on reste silencieux face au texte d’Eva Darlan sur le rejet de la famille parce que ce que vont penser les voisins est plus important que d’aimer son propre enfant. On sourit sur l’histoire de Virginie Lemoine.

Et côté chansons, nous ne sommes pas en reste, c’est ce qui fait la réussite d’un spectacle, le faire avec les tripes, donner de l’émotion et savoir la recevoir. Il y avait dans toute cette salle une communion qui ferait rougir d’envie n’importe quelle église. Les chanteurs et chanteuses ne manquent pas de talent. J’avais par exemple entendu parler de Doryan Ben sans avoir vraiment pris le temps (encore le temps !) de l’écouter vraiment et me disant que je le découvrais sur Grease, le Musical (en septembre à Mogador.) Ce mec a une voix incroyable tant en lead qu’en chœur ou en double voix…

Voilà comment un concert parle de tellement de choses et fait resurgir le passé et se dire « J’en suis sorti plus fort de ce silence dont Stéphane Corbin parle. » Si on m’avait dit qu’un jour je raconterai ma vie très privée sur ses pages. Alors non, je n’ai pas eu le malheur d’être rejeté par ma famille lorsque j’ai dit que j’aimais les hommes. Je me suis bien fait engueulé par mon frère qui m’a reproché de ne pas me l’avoir dit plus tôt (j’ai attendu 35 ans !) et un père et une mère qui m’ont répondu le plus simplement du monde quelque chose comme : « Et alors ? ». Et pourtant, je me revois encore au collège, mûré dans ce silence dans lequel on s’enferme. Je passais les pauses déjeuner et les récréations planqués sous un escalier (Oui, c’est pathétique !) parce que vous ne trouvez pas votre place avec les autres. Parce que la société vous fait croire que vous n’êtes pas « normal ». Et sous cet escalier, vous vous évadez comme vous pouvez pour ne pas sombrer : en écrivant des chansons un peu niaiseuses. Aujourd’hui, certaines résonnent en écho aux thèmes abordés par Les Funambules comme Sous Quel Arc-en-ciel ? qui chez moi s’appelait Amour assassin. A écrire des romans qui évoluent entre psychose, violence et romantisme (aucun n’est paru). A s’échapper par la lecture, par la musique. Et puis, arrive le lycée, où je me dis que je dois profiter de ce nouveau lieu pour m’ « intégrer » alors je sors avec des filles (comme pour me convaincre que je suis « normal » aux yeux du monde) avant de constater que je ne leur ment pas seulement à elles mais surtout à moi. A monter sur scène pour exister. Et c’est finalement tout cela qui vous forge le caractère, qui vous crée une sensibilité. Les Funambules, c’est aussi cela, des histoires de vie de chacun. Des histoires parfois tristes, parfois heureuses. On m’avait dit… « Viens voir les funambules, tu verras, tu ne seras pas déçu ! » et je n’en doutais pas une seconde mais j’étais loin du compte, j’ai été cueilli. Le passé resurgi sans douleur.

Le spectacle pose des mots sur des maux avec respect. Vous n’avez pas pu être là… Les Funambules reviennent en novembre au Studio Hébertot et cette fois, je ne sais pas vous, mais moi, j’aurai le temps !

N.B. : A l’Alhambra, un chèque de 5.000 euros (issus des bénéfices de la soirée) a été remis à SOS Homophobie.

Lors de cette soirée, Les Funambules ont également reçu un trophée d’honneur sous la première des quatre standing ovations. Une standing ovation entamée par Virginie Lemoine, fière et émue, rapidement suivie par le public et le reste du collectif. Le premier des Trophées de la Comédie Musicale et pas des moindre.

L’histoire

Nous sommes un collectif d’artistes de tous bords rassemblés pour parler des homosexuels autrement. Loin des débats politiques et des clichés, nous avons choisi la musique pour témoigner de leur réalité : des chansons qui expriment les obstacles, les espoirs, et surtout l’amour dans leurs vies.

L’album Les Funambules raconte l’équilibre fragile de ces destins, auxquels tout le monde peut s’identifier.

Plus de 200 artistes ont répondu présent à l’appel du compositeur Stéphane Corbin, lancé en janvier 2013. Auteurs, interprètes, musiciens, arrangeurs, graphistes, photographes ont prêté leurs talents bénévolement. Le visuel de l’album a été shooté par François Rousseau.

Des guests nous ont rejoints : Grégori Baquet, Cécilia Cara, Sébastien Castro, Annie Cordy, Camille Cottin, Dave, Jean-Claude Dreyfus, Joy Esther, Julie Ferrier, Amanda Lear, Virginie Lemoine, Alexis Michalik, Liliane Montevecchi, Pierre Richard… Ils ont prêté leur voix et leur popularité auprès du grand public à notre projet.

 

Si ça pouvait réveiller les consciences, La Tchétchénie et Cyril Hanouna!

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Aurélien.

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