Requiem(s)
Chorégraphie : Angelin PRELJOCAJ
Musiques : György LIGETI, Wolfgang Amadeus MOZART, System of a Down, Johann Sebastian BACH, Hildur GUONADOTTIR, chants médiévaux (anonymes), Olivier MESSIAEN, Georg Friedrich HAAS, Jóhann JOHANNSSON
Vidéo : Nicolas CLAUSS
Lumières : Éric SOYER
Costumes : Eleonora PERONETTI
Scénographie : Adrien CHALGARD
Avec (lors de la création) :
Lucile BOULAY, Elliot BUSSINET, Araceli CARO REGALON, Leonardo CREMASCHI, Lucia DEVILLE, Isabel GARCIA LOPEZ, Mar GOMEZ BALLESTER, Paul-David GONTO, Béatrice LA FATA, Tommaso MARCHIGNOLI, Théa MARTIN, Víctor MARTINEZ CALIZ, Ygraine MILLER-ZAHNKE, Max PELILLO, Agathe PELUSO, Romain RENAUD, Mireia REYES VALENCIANO, Redi SHTYLLA, Micol TAIANA
jusqu’au 9 mai 2026




Requiem(s), qui n’a pas volé son titre, agit comme un hymne à la mort. Sur des rythmes allant du classique au rock alternatif, notre exploration de l’Hadès se fait en spectateur silencieux et hypnotisé.
Le choix du noir, souvent indissociable du deuil, crée un contraste saisissant avec le blanc, le soin apporté à l’éclairage clair obscur sublime les chorégraphies. Soulignons, au passage, une création lumière qui accomplit sa tâche de magnifier les tableaux d’une scène nue de la façon la plus parfaite.
Dans Requiem(s), outre le choix musical aux orchestrations incroyables sur des classiques iconiques, les références sont multiples, qu’elles soient mythologiques ou bibliques, les enchaînements sont fluides.
Dans une ambiance oscillant entre heroïc fantasy et science-fiction, les chorégraphies sont novatrices. Elles ont une audace certaine dans le fait qu’elles soient académiques et/ou hors norme. La rigueur est là. Même mieux, la synchronicité et le placement offrent un résultat arithmétique et géométrique qui relève de la perfection. Tout est mesuré. On assiste à un concentré de techniques visuellement jouissif. Le terme d’ensemble n’a jamais aussi bien porté son nom : les artistes ne font qu’un grand tout qui évolue avec chacun. Les portés n’en sont que plus impeccables.
Si le thème peut rebuter, on assiste finalement à la mort dans tous ses états avec des interprétations aussi variées que de façons d’appréhender l’au-delà. Défi, résilience, obstination… chaque émotion est là dans le corps.
Requiem(s) est une ode à la fin inévitable abordée avec une ampleur fascinante.”
En quelques mots
La Seine Musicale continue d’explorer l’univers du chorégraphe Angelin Preljocaj qui fait résonner l’intime et l’universel en présentant la saison prochaine Requiem(s).
À l’affiche cette saison, deux de ses spectacles, à commencer par Requiem(s). C’est la perte de plusieurs proches qui a été le déclencheur de cette plongée dans un requiem chorégraphique. À travers une succession de tableaux et de partitions contrastés, ce ballet traverse la palette complexe des sentiments provoqués par la disparition d’un être cher, de l’anéantissement à l’espoir et à la résilience. L’écriture extrêmement variée du chorégraphe et la précision des merveilleux danseurs du Ballet Preljocaj, tantôt en duos, en ligne ou en manège, façonnent un spectacle puissant et touchant. Les costumes et la lumière magnifient l’écriture de Preljocaj et soulignent, amplifient le mouvement des corps.
Une manière de visiter le répertoire classique du requiem, de Bach à Ligeti, avec des incursions dans les musiques actuelles avec, par exemple, Chop Suey! du groupe de hard rock System of a Down. Sur cette trame musicale en forme de playlist intime, les tableaux dansés alternent en une fresque mouvante et envoûtante qui offre tout à la fois un exutoire et une consolation par la vérité du geste, fusion des corps et des sentiments.
Aurélien







