Paris s’éveille à L’Alcazar
Direction artistique : Quentin MICHEL
Chorégraphie : Raffaele LUCANIA
Direction musicale : Doryan BEN
Arrangements musicaux : Yoann LAUNAY et Martial




Il faut désormais compter avec l’Alcazar parmi les lieux incontournables de la nuit parisienne. Cet endroit emblématique de Saint-Germain-des-Prés a rouvert ses portes sous l’égide de Butler Collection, avec la ferme ambition de renouer avec l’esprit festif qui a fait sa légende. Si ce nom vous dit quelque chose, c’est que, parmi les hauts lieux de la nuit parisienne, le Paradis Latin figure lui aussi dans la galaxie Butler Collection. Dès lors, rien d’étonnant à retrouver, dans la nouvelle décoration de l’Alcazar, certaines inspirations de son illustre grand frère, notamment son mur orné de mosaïques qui contribuent à l’identité visuelle du lieu. Nul doute qu’il deviendra incontournable.
Mais l’Alcazar ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur. Sa décoration joue habilement avec les époques et les influences, mêlant références à l’Égypte antique et élégance Art déco dans une fusion aussi inattendue que séduisante. Le résultat est un écrin singulier, à la fois feutré, chaleureux et délicieusement dépaysant, où chaque détail semble inviter à prolonger la soirée.
Car l’Alcazar, c’est avant tout un lieu qui appelle au divertissement et à l’art de vivre. Autour d’une table, la carte bistronomique promet une cuisine pleine de saveurs ; mais c’est aussi du côté de la scène que l’établissement entend faire la différence. Avec son spectacle Paris s’éveille, l’Alcazar invite ses convives à une expérience où gastronomie, musique et cabaret se répondent avec gourmandise. Ici, le dîner n’est pas une simple parenthèse avant le spectacle : il participe pleinement à une soirée conçue comme un tout.
Pour assurer la direction artistique de cette proposition, l’Alcazar a fait appel à Quentin Michel, danseur formé par Kamel Ouali, dont il a notamment participé aux créations L’Oiseau Paradis et Le Roi Soleil. Mais l’oiseau a désormais pris son envol, et il vole de ses propres ailes, haut et fier ! Avec Paris s’éveille, Quentin Michel affirme une personnalité artistique qui lui est propre et propose un cabaret à la fois élégant, accessible et délicieusement sensuel. Le spectacle cultive une certaine pudeur sans jamais renoncer au glamour, prouvant qu’il n’est nul besoin d’en faire trop pour faire monter la température.
Le chic est au rendez-vous, notamment grâce à des costumes qui mettent admirablement en valeur les artistes. Les silhouettes se dessinent, les corps s’expriment et les tableaux s’enchaînent au rythme des chorégraphies endiablées ou délicatement lascives de Raffaele Lucania. Le mouvement est partout, porté par une énergie communicative qui donne à l’ensemble son relief et son intensité. Tantôt festif, tantôt plus suggestif, le spectacle joue avec les codes du cabaret sans jamais perdre de vue son élégance.
L’ambiance musicale participe largement à cette réussite. Entre chansons emblématiques de Paris, grandes figures de la chanson francophone et icônes internationales, Paris s’éveille compose un véritable melting-pot musical, festif et rythmé. Les références se croisent, les générations se rencontrent et les styles s’entremêlent pour créer une partition populaire au meilleur sens du terme. La direction musicale a été confiée à Doryan Ben, connu notamment pour Grease et The Voice, tandis que les arrangements sont signés Yoann Launay et Martial. Une association qui fonctionne pleinement, grâce à des choix musicaux aussi mémorables qu’audacieux. Le titre Paris s’éveille, notamment, bénéficie d’une relecture particulièrement inspirée, sublimée par des arrangements qui lui offrent un nouvel éclat sans lui faire perdre son âme.
Côté artistes, la distribution est presque exclusivement féminine. Pour autant, le spectacle laisse également s’exprimer une empreinte queer, indissociable de l’histoire et de l’imaginaire des nuits parisiennes. Cette diversité apporte une touche supplémentaire de liberté et de modernité à l’ensemble. Les chanteuses et le chanteur, toutes et tous en alternance, ne se contentent pas de donner de la voix : ils investissent pleinement l’espace scénique, mobilisant autant leur présence, leur gestuelle et leur expressivité que leurs qualités vocales. En parlant de l’espace scénique, il est démultiplié, Paris s’éveille ne se contente d’une scène placée en fond de salle. Les artistes se déplacent en d’autres lieux, notamment sur un podium central jouxtant certaines tables pour une expérience intimiste.
Ici, le corps est lui aussi un instrument de spectacle. Les artistes habitent les chansons, donnent vie aux tableaux et font de chaque apparition un moment à part entière. Une lumière tamisée, précise et savamment travaillée vient souligner les silhouettes, accompagner les mouvements et installer une atmosphère tour à tour mystérieuse, glamour ou enivrante rappelant parfois les tableaux emblématiques d’autres institutions parisiennes. Tout concourt à créer une expérience immersive où le regard, l’ouïe et les sens sont constamment sollicités.
Avec Paris s’éveille, l’Alcazar retrouve ainsi une vocation essentielle : faire de la nuit parisienne un terrain de jeu, de fête et de rencontres. Sans chercher à rivaliser à tout prix avec les grandes revues traditionnelles, le lieu préfère miser sur une formule plus intimiste, où la proximité avec les artistes et l’atmosphère singulière de la salle participent au plaisir de la soirée.
Alors, poussez les portes de ce palais au confort orientalo-parisien, installez-vous, laissez-vous porter par la musique et savourez l’instant. À l’Alcazar, Paris ne dort jamais vraiment : il se pare d’or et de velours, se laisse gagner par la fièvre du spectacle et vous entraîne dans une expérience sensorielle orgiaque, festive et délicieusement voluptueuse. Une chose est sûre : lorsque Paris s’éveille, votre nuit, elle, ne fait que commencer !
En quelques mots
Paris s’éveille se compose de plusieurs sets de douze à quinze minutes, séparés par des respirations musicales d’une quinzaine de minutes.
Pas de longue interruption ni de séparation rigide entre la table et la scène.
Les performances apparaissent régulièrement au cours du dîner, déplacent les regards et donnent progressivement une nouvelle intensité à la Grande Salle.
Entre deux tableaux, le repas, les conversations et la musique reprennent naturellement leur cours.
On partage un plat. Les lumières changent. Une nouvelle voix se fait entendre.
Puis le spectacle recommence.
Il ne vient pas interrompre la soirée. Il en devient le fil conducteur.
Aurélien







