Garçon
De : Samuel CERTENAIS et Noémie DE LATTRE
Mise en scène : Noémie DE LATTRE
Avec :
Samuel CERTENAIS
Jusqu’au 30 octobre 2026





Enfant, tout notre entourage nous conditionne : « Pourquoi tu pleures ? Tu n’es pas une fille. » Dans nos premières années, on ne connaît pourtant qu’une manière d’exprimer nos émotions : en pleurant. C’est exactement autour de cette idée : pleurer, c’est mal et ce n’est pas mâle que Samuel CERTENAIS, à mi-chemin entre un rugbyman et Paul MESCAL, va se confier à cœur ouvert.
Entouré d’abord de lampes bleues, d’un banc de musculation et d’un ballon de football, Samuel n’enlève pas le vernis autour du mythe : il en met d’épaisses couches, bien brillantes. Samuel laisse la place à la grâce et à la délicatesse. On a vu des pièces sur la masculinité, mais celle-ci nous cueille complètement ; n’ayons pas peur de le dire : jusqu’aux larmes.
Envolés, les diktats de l’homme hétérosexuel occidental : Samuel ose tout et se fout de ce que cela peut bien faire à son entourage. Il décide de vivre pour lui et non pour satisfaire le regard des autres. Une belle manière de dire : « C’est à prendre ou à laisser. » Avec une question : « Le genre influence-t-il le comportement ? », l’intelligente introspection dépasse le personnage et vient nous chercher, nous aussi. C’est de la psychologie sans prise de tête, parce qu’elle est aussi drôle que touchante. On ouvre les yeux sur le fait que les stéréotypes de genre ne concernent pas uniquement le sexe féminin : ils nous affaiblissent tous.
Le texte jongle entre des sujets fédérateurs, comme l’amour, et d’autres malheureusement beaucoup moins fédérateurs, comme le consentement, ou même des sujets carrément tabous, comme le plaisir anal masculin.
Avec tout ça, on réfrène une envie : se précipiter sur scène pour lui faire un câlin. Pas une accolade de « bonhomme », un vrai câlin viril et tendre. Et pourtant, ce spectacle n’est pas pour les fragiles.
Notons que, lors des saluts, quelques personnes ne participent pas à la standing ovation, des femmes en majorité. Les clichés résistent encore, y compris chez elles, mais le combat ne fait que commencer.
Une belle claque donnée comme une caresse.
En quelques mots :
Comment devenir un homme quand on ne veut pas ressembler à son père ?
Comme tous mes copains je voulais rendre fier mon père. Alors j’ai tout fait pour lui ressembler et il a aimé.
J’ai joué au foot et il a aimé, j’ai ramené des coupes et il a aimé, puis je me suis retrouvé en fauteuil roulant et il a eu honte. Alors quand j’ai réalisé que je voulais ressembler à ma mère j’ai préféré ne pas lui en parler.
Je suis un jeune garçon hétéro et je ne me reconnais pas dans les modèles traditionnels alors je fais quoi ?
Un spectacle !
Et pour m’accompagner dans cette aventure, qui de mieux que Noémie de Lattre ? Qui de mieux qu’une femme hétéro avec les faux seins de ma mère et la moustache de mon père ?
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Aurélien.








