Le Banquet (Critique)

Le Banquet

de Mathilda MAY

Mise en Scène : Mathilda MAY  assistée de Grégory VOULAND

Décor : Jacques VOIZOT

Lumières : Laurent BEAL

Costumes : Valérie ADDA

Son : Guillaume DUGUET

Vidéo: Nathalie CABROL assistée de Jérémy SECCO

Régie Technique : Éric ANDRIANT

Avec Sébastien ALMAR, Roxane BRET, Bernie COLLINS, Jérémie COVILLAULT, Lee DELONG, Stéphanie DJOUDI-GUIRAUDON, Arnaud MAILLARD, Françoise MIQUELIS, Ariane MOURIER et Tristan ROBIN

Jusqu’au 10 novembre 2018

Au Théâtre du Rond-Point

Après le très inattendu OpéraPorno, on ne peut que constater que le Théâtre du Rond-Point ose tout… Parce qu’il fallait oser une telle surprise que celle qui vous attend avec la nouvelle pièce de Mathilda MAY : Le Banquet !

Le Banquet est le genre de pièce qui justement n’a pas de genre. Il fait parti des « inclassables » mais certainement pas des « incassables » puisqu’il ne fera, sans doute, pas l’unanimité ! La pièce écrite sans paroles est une suite de gags auxquels certains trouveront à redire… Il serait, cependant, mal avisé de ne pas y voir une pièce à rire sans mot dire et sans maudire. En effet, outre le comique de situations qu’on a tous vécu lors de certaines réceptions de mariage, il y a dans cette pièce un florilège de techniques artistiques qui ne manqueront pas de vous happer. D’abord déroutés, vous serez rapidement entraînés dans ce tourbillon d’humour servi par des prouesses si nombreuses qu’on ne peut les énumérer.
Le banquet est improbable et intelligent, bizarre et généreux, barré et subtil.
On a une pièce particulièrement visuelle… Normal, direz-vous quand les acteurs ne prononcent pas une seule phrase intelligible. Ce visuel passe par tant de choses : les expressions des comédiens sont le noyau de tout et quand on parle d’expressions, il ne s’agit pas uniquement de l’expression du regard. C’est tout le corps des personnages qui parle. Et comme si faire s’exprimer le corps n’était pas assez compliqué, les comédiens ne manquant pas d’atouts, on agrémente l’ensemble de ralenti, de cascades ! Les arts de la scène se réunissent dans une seule et même histoire : expression corporelle, cascade (on vient de l’aborder) mais aussi beat box, danse etc… C’est un éventail de disciplines exécutées brillamment. Pour nous épater toujours davantage, la régie assure en ajoutant à ce formidable tableau effets spéciaux et visuels. Sitôt impressionné par une chose, une autre arrive dans la foulée. C’est une chorégraphie qui se joue, non pas uniquement sur la scène, mais vraisemblablement en coulisses et en régie. On n’ose pas imaginer le stress que doivent produire certains quick change et la minutie millimétrique de chaque entrée en scène ou de chaque positionnement !
C’est comme si un cours de théâtre complet nous était donné sur la scène où tout est possible ! Comme quoi, il n’y a pas uniquement la comédie musicale qui peut se targuer d’être pluridisciplinaire quand on est face au talent incommensurable des artistes de ce show.
On va s’arrêter de faire les éloges de ce banquet … sinon, ça va finir en long fribou…
Vous n’en finirez pas d’être étonné jusqu’à un final en apothéose aussi surprenant que… Chhhhut !

Pour résumer : Gurty val fulatré mu lé mal a tempo colibri

L’histoire

Mathilda MAY construit après Open Space, une fiesta sans paroles avec onomatopées chorales ou soliloques en borborygmes. Fête d’après la noce, quand l’agape tourne au cauchemar : l’ultime moyen de supporter la tragédie, c’est encore d’en rire.

Parterre mal foutu, touffes rebelles, talus d’un terrain accidenté où les invités se prennent les pieds dans le tapis de la vie. Déjà, le sol n’est pas la hauteur. On boit, on se console. Fête d’après la noce, le banquet rassemble les familles et les joies, les rancœurs et les ratages. Chacun y va de son numéro comique, chansons et danses, tragédie du spectacle des humanités réunies. Le père fait son discours et la mère son intéressante. On boit, trop. Une dame grosse cherche son chien, dont la robe de la mariée se souviendra. On pleure, on rit, on se tache beaucoup. On saigne et on vomit, c’est la catastrophe joyeuse d’une communauté en fête qui crie, vocifère, pérore. Personne ne se parle. On s’agite et se pavane, glisse, tombe et se relève. C’est toute une vie en une soirée sans paroles.

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BILLETTERIE

Aurélien.

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