King Kong Théorie (Critique)

King Kong Théorie

de Virginie DESPENTES

Adaptation de Valérie DE DIETRICH et Vanessa LARRÉ

Mise en scène de Vanessa LARRÉ

Avec Anne AZOULAYMarie DENARNAUD et Valérie de  DIETRICH

jusqu’au 7 juillet 2018

 

Au Théâtre de l’Atelier

Si le thème de la pièce pourrait en dérouter plus d’un, on aurait tort de s’en priver ! Ca commence à la manière d’une voiture diesel pour finir par une propulsion nucléiare ! Le texte, incisif et puissant, mis en scène avec ambition, fait fi des conventions de la bonne société. Les questions en amènent d’autres avec philosophie dans un débat qui n’en est pas vraiment un. Les tabous volent en éclat pour le bonheur des uns et le malaise d’autres dans un jeu qui s’orchestre virtuosement.  Les comédiennes osent, le public est pris à parti, bouche bée, clairement dans la gêne. Mais dans une gêne qu’on apprécie. Alors il est vrai que King Kong Théorie n’est pas à mettre en toutes les mains dans la mesure où il pourrait faire fuir certains hommes, et même certaines femmes. Les monologues explorent des siècles de complexe, en psychanalyse, en sexologie, de guerres des sexes et de parité résumés en une heure vingt.
Il est des textes qui tombent rapidement dans l’oubli et d’autres comme celui de Virginie DESPENTES qui mériteraient d’être gravés dans le marbre pour faire évoluer les consciences. Gravé façon tables divines bien que celles-ci soient emprunts à une culture religieuse bien masculine.
Tout est dit : de la supériorité du sexe dit fort à ses complexes en passant par la compétition des genres, du besoin de régner sur l’autre, d’être au dessus, de se regarder le nombril et de se pavaner. En bref, de faire ressortir l’animal qui sommeille en nous pour ne pas être asexué, et encore moins métrosexuel (un terme bien réservé au sexe masculin). Pour rentrer dans les cases implantées dans l’inconscient collectif et obéir aux codes ancestraux plus ou moins fortement ancrés selon les cultures. « Libérateur ! » peut-on lire du spectacle, sans aucun doute mais il l’est aussi pour les deux sexes dans une pièce où les machos n’en mênent pas large dans une scénario où le pénis est désacralisé. Ce n’est pas Marc LEVY avec ses textes fades qui écrirait un texte aussi savoureux que rassasiant !

L’histoire

« Porté à la scène pour trois comédiennes, ce coup de gueule aussi réjouissant que précurseur de Virginie DESPENTES bouscule avec vigueur, style et humour les idées reçues sur la place donnée aux femmes et aux hommes dans notre société. Libérateur ! »
A travers son témoignage musclé, Virginie DESPENTES repose la question de la femme (et des hommes) dans notre société après son passage au deuxième millénaire.
Est-ce que la révolution sexuelle qui a eu lieu il y a près d’un demi-siècle a permis au monde d’évoluer vers plus de tolérance, de reconnaissance et de justice ?
Sa réponse est que, oui, les choses ont bougé, mais qu’il y a encore du travail…
Incarnée par trois comédiennes lumineuses, la pensée percutante et plus que jamais d’actualité de DESPENTES agit comme un coup de fouet vivifiant !À Savoir :
Le spectacle est déconseillé aux moins de 16 ans.

 

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Aurélien.

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