Le Fléau, mesure pour mesure (Critique)

Le Fléau, mesure pour mesure

de Léonard MATTON

D’après William SHAKESPEARE

Musiques : Thalie AMOSSE et Laurent LABRUYERE

Costumes : Chouchane ABELLO et le Conservatoire du costume, assistée de Jean DOUCET

Décors / Accessoires : Julie MAHIEU

Assistanat mise en scène / dramaturgie : Camille DELPECH

Avec : 
Roch-Antoine ALBALADEJO, Thalie AMOSSE, Jean-Baptiste BARBIER-ARRIBE, Dominique BASTIEN, Maxime CHARTIER, Zazie DELEM, Camille DELPECH, Marjorie DUBUS, Thomas GENDRONNEAU, Jean-Loup HORWITZ, Laurent LABRUYERE, David LEGRAS, Justine MARCAIS, Mathias MARTY, Drys PENTHIER, Jacques POIX-TERRIER, Jérôme RAGON

avec la complicité de Florianne DELAHOUSSE et Carla GIROD

Au Domaine National du Palais-Royal

Jusqu’au 27 août 2023

Plus qu’un spectacle de rue, Le Fléau, mesure pour mesure est une véritable pièce de théâtre hors-sol.

Jouée dans le Domaine National du Palais-Royal, lieu hautement photogénique de la capitale. Le décor historique se prête particulièrement à l’univers viennois de l’œuvre malgré quelques rares difficultés selon la météo à saisir audiblement le texte. Un détail effacé par des artistes plus éblouissants les uns que les autres, que ce soit les rôles principaux aux rôles les plus secondaires pourtant bien fascinnants et nécessaires. Nécessaires ici à plus forte raison qu’ils participent grandement à la fluidité et à l’immersion de notre voyage spacio-temporel. On ne peut manquer de citer Marjorie DUBUS campant une Isabelle incroyable dans sa sensibilité et ses éclats de voix impeccables. Thomas GENDRONNEAU, quant à lui, nous sert un Claudio joué à la façon d’un Machiavel tourmenté, quelque peu butor et avide de contrôle. On notera également la totale réussite d’un type de scène souvent compliqué à crédibiliser en spectacle vivant : celle de l’échange charnel et qui est ici une totale réussite. La tâche est portant encore plus ardue quand on a les spectateurs à quelques centimètres !

Les costumes sont remarquables. Un bien fait quand on approche les comédiens de si près. Que ce soit des fraises, les épaules bouffantes, les jupons et autres accessoires ou plis rappelant parfois çà et là d’autre personnages tels que Pantalon, Phoebus et bien d’autres encore. Le soin particulier qui y a été apporté est ravissant. Il en va de même pour les maquillages.

Si Mesure contre mesure n’est pas une des œuvres les plus connues de SHAKESPEARE, Léonard MATTON rectifie cette défectuosité avec un public libre de choisir son lieu, sa scène préférant telle ou telle action, tel ou tel personnage. Mais le génie consiste aussi à réussir à faire travailler l’imagination du spectateur qui ne pourra pas voir toutes les scènes (à moins de venir plusieurs fois.) En effet, on comble aisément la dramaturgie par soi-même tant les imbrications sont logiques.

On apprécie aussi les changements de décors naturels : le passage du jour à la nuit lors du final où tout s’assemblent et se bouscule. Comme si l’horaire du spectacle avait été choisi en conséquence. Un autre parti pris sur le temps, celui de consigner vos téléphones portables permettant une perte de repère et une évasion plus soutenue.

Le spectacle se joue à guichet fermé toute cette saison. Un succès qui ne se dément donc pas, nous avons, ainsi, la primeur de vous annoncer le retour de ce théâtre immersif « Le Fléau, mesure contre mesure » en 2024.

L’histoire

En pleine épidémie de peste, le Duc de Vienne annonce qu’il quitte la ville et qu’il en confie les rênes à son jeune et très vertueux ministre, Angelo. En réalité, le Duc demeure et se déguise en prêtre pour, incognito, observer ce qu’il advient lorsque le représentant de la justice applique la loi de manière impitoyable.

En conséquence de quoi, Claudio est arrêté pour avoir mis enceinte la jeune Juliette hors mariage. Il demande à sa soeur et future religieuse, Isabelle, d’intercéder en sa faveur auprès d’Angelo. Le ministre vertueux la reçoit et en tombe amoureux, tant et si bien qu’il lui propose un choix déchirant pour elle : céder sa virginité ou bien laisser mourir son frère ?

 


Crédit Photo : Matthieu Camille Colin

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Aurélien.

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