Car / Men (Critique)

CAR / MEN

De : Philippe LAFEUILLE

assisté de : Corinne BARBARA

Création Vidéo : Do BRUNET

Création Musicale : Antisten

Lumières : Dominique MABILEAU assistée d’Armand COUTANT

Costumes : Corinne PETITPIERRE assistée d’Anne TESSON

Avec :

Antoine AUDRAS, François AUGER, Antonin «Tonbee» CATTARUZZA, Phanuel ERDMANN, Jordan KINDELL, Samir M’KIRECH, Jean-Baptiste PLUMEAU, Stéphane VITRANO
et Antonio MACIPE en alternance avec Rémi TORRADO

Jusqu’au 27 février 2022

au Théâtre Libre

 

Peut-on imaginer une seule seconde autant de finesse et de féminité sur des torses velus et des cuisses de lutteur ? Pour vous en convaincre, il vous faudra allez applaudir Car/men.

Car/men est une ode à l’opposition. Le spectacle , histoire de Carmen oblige, explore toutes les facettes de la dualité. Ainsi, on sera charmé par la voix du contre-ténor qui passe d’un rôle principal à un autre de manière bluffante. Tour à tour Carmen, Don José et Toréro, sa voix prend des nuances improbables et ses costumes, sa gestuelle peaufine la magie de cette confusion des genres. Et quand on sait, en plus, la rapidité avec laquelle Rémi TORRADO a dû apprendre le rôle, c’est encore plus impressionnant.

Il en va de même pour les danseurs qui explorent des facettes impressionnantes, poétiques et drôles de la multiplicité sexuelle. Quand on n’est pas face à une note d’humour disséminée çà et là, on assiste à une finesse qu’on n’a que trop peu l’occasion de voir chez un homme. La masculinité est bousculée sans jamais devenir castratrice. Les artistes ont beau jouer de leur féminité, ils portent, malgré tout leurs attributs virils avec fierté. Jamais on n’aura vu un homme porter aussi bien la robe ou la jupe en tulle. Ces magnifiques costumes siéent merveillement à ces « mâles ». Le parti pris est osé, intéressant mais surtout outrageusement splendide.

On repense à l’inoubliable Swan Lake de Matthew BOURNE joué plusieurs années auparavant au Théâtre Mogador, on note aussi un côté Jean-Paul GAULTIER un brin provocateur mais toujours charmeur et charmant.

Toujours comme pour marquer cette dualité, on retrouve un toréro tout de noir vêtu avec des castagnettes pendant entre ses jambes dans un numéro qui frôle la vulgarité et juste après, on a un danseur totalement nu, qui à l’inverse, n’a rien de vulgaire dans cette volonté de ne rien cacher et semble touché par la grâce. Deux arts se rencontrent : la danse et la statuaire.

Pour revenir aux textiles qui habillent les artistes. Là aussi, il y a un travail de recherche à saluer où les matières jouent leur rôle au sein des chorégraphies.

Dans Car/men, l’oeuvre est modernisée, pas dénaturée. On en garde les bases classiques et on y apporte beaucoup de fraîcheur. Un coup de fouet ! La création mêle élégance et folie. C’est visuellement efficace. La vidéo et l’utilisation d’une palette chromatique claire servent l’oeuvre avec force et délicatesse. La mise en scène est tout autant audacieuse qu’astucieuse. Enfin, on est épaté par un numéro qui présente les claquettes sous un nouveau jour.

Un régal aux saveurs douces amères. De l’art dans toute sa simplicité et dans toute sa noblesse !

L’histoire

Après plus de cinq ans de tournée et plusieurs séries à Bobino avec TUTU, les Chicos Mambo sont de retour dans une nouvelle création : CAR/MEN. Mis en scène par Philippe Lafeuille, l’ouvrage de Bizet se voit revisité par huit danseurs et un chanteur virtuoses qui, avec fantaisie, tendresse et dérision, se jouent du masculin et du féminin. Un show chorégraphique mêlant humour, théâtre, chant, clown, théâtre d’objets et vidéo.

Cette CAR/MEN moderne est sublimée par la fluidité des corps ainsi que la voix lyrique de haute volée du chanteur, évoluant dans un tourbillon de couleurs. Une chorégraphie précise et originale, ponctuée d’humour bien dosé : une véritable Carmen 2.0 !

SITE OFFICIEL

BILLETTERIE

 

Aurélien.

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