Tout le bleu du ciel
De : Melissa DA COSTA
Mise en scène et adaptation : Mickael CHIRINIAN
Collaboration artistique : Morgan PEREZ
Scénographie : Bastien Forestier
Lumières : François LENEVEU
Costumes : Sophie BENOIT
Musique : Pierre-Antoine DURAND
Vidéo : Mike GUERMYET
Coordinatrice d’intimité : Laure ROUSSEL
Avec :
Audran CATTIN, Laetitia FRANCHETTI, Blanche SOTTOU
Jusqu’au 5 décembre 2026




« Y a-t-il un personnage capable de faire trébucher Audran CATTIN ? Après Le Cercle des poètes disparus et La Corde, il semble décidément difficile de lui trouver un terrain sur lequel il ne puisse s’aventurer. Tout le bleu du ciel, mis en scène par Mickaël CHIRINIAN, vient une nouvelle fois confirmer cette impression.
Mais pour briller, comme en amour, il faut être deux. Et Blanche SOTTOU ne démérite certainement pas. Bien au contraire. Leur duo fonctionne avec une évidence qui tient autant à leur complémentarité qu’à l’humanité qu’ils insufflent à leurs personnages. Ils savent être tour à tour touchants, drôles, fragiles, parfois même agaçants. Autrement dit : profondément humains. Et c’est sans doute là que réside l’une des forces du spectacle. On s’attache à eux sans jamais avoir l’impression qu’ils cherchent à nous arracher artificiellement une émotion.
À ce duo vient s’ajouter Laetitia FRANCHETTI, dont la présence apporte une autre couleur au récit. Elle distille une sensibilité qui vient ponctuer l’histoire avec délicatesse et contribue à l’équilibre de l’ensemble. Les interprètes ne jouent pas seulement ensemble : ils composent une véritable partition collective, faite de présences, de silences et de regards.
Car dans Tout le bleu du ciel, la mise en scène et l’adaptation de Mickaël CHIRINIAN sont loin d’être de simples supports au texte. Elles participent pleinement à l’émotion du spectacle. Plutôt que de surligner les sentiments, la mise en scène choisit souvent de leur laisser de l’espace. Les intentions sans paroles deviennent alors aussi éloquentes que les dialogues, tandis que les déplacements et les attitudes racontent parfois ce que les personnages ne parviennent pas à formuler.
La scénographie, futée, accompagne ce parti pris avec beaucoup de justesse. Elle suggère davantage qu’elle ne démontre et permet au spectateur de voyager avec les personnages sans jamais alourdir le récit. Tout semble pensé pour maintenir cette sensation de mouvement, de passage et de parenthèse que porte l’histoire.
Il y a notamment une scène intime d’une grande simplicité, presque suspendue, où les mots finissent par devenir inutiles. Les corps, les regards et le silence prennent alors le relais afin de rendre la beauté à la nature. Un moment de théâtre particulièrement juste, parce qu’il ne cherche précisément pas à l’être. Cette économie de moyens rappelle que l’émotion n’a pas toujours besoin d’être expliquée pour être ressentie.
C’est d’ailleurs ce qui traverse le spectacle : la volonté de saisir ce qui existe ici et maintenant. Vivre l’instant n’est pas seulement une idée portée par le texte ; elle se retrouve dans la manière dont le spectacle regarde ses personnages, leurs rencontres, leurs hésitations et leurs petits bonheurs. La pièce nous invite moins à contempler une histoire qu’à partager, pendant quelques heures, une parenthèse de vie.
Dans la lignée d’Oublie-moi, Tout le bleu du ciel s’inscrit ainsi dans ces spectacles qui savent parler de la fragilité de l’existence sans jamais renoncer à la lumière. Le spectacle ne nie ni la douleur ni la finitude : il choisit simplement de regarder ce qui peut encore naître au milieu d’elles.
Bouleversant sans être larmoyant, généreux sans être démonstratif, Tout le bleu du ciel est finalement une ode à la vie, à ces rencontres qui nous déplacent et à ces élans de tendresse qui, parfois, donnent tout son sens à l’instant présent.
En quelques mots :
Emile et Joanne n’ont rien en commun si ce n’est l’envie irrépressible de tout plaquer. Entre rires, silences suspendus et vérités inattendues, ils prennent la route avec une question : que reste-t-il quand on oublie tout ?
Les kilomètres défilent, sans carte ni destination. Un voyage vibrant qui nous rappelle que parfois, il suffit d’oser pour enfin se trouver.
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