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On peut s'appeler Alain et sauver le monde | Le Monde Du Cinéma

On peut s’appeler Alain et sauver le monde

On peut s’appeler Alain et sauver le monde

De : Loïc BARTOLINI et Jean CHAUFFARD-LUCON

Mise en scène : Loïc BARTOLINI assisté de Marie COUSTAURY

Décor/accessoires : Pauline GALLOT

Costumes : Mariana LIA MARTINELLI

Lumières : Denis SCHLEPP

Création sonore : Gildas PRECHAC

Musique : Kevin QUEILLE

Avec :
Loïc BARTOLINI, Céline GROUSSARD, Michaël GIORNO-COHEN, Salomé TALABOULMA, Jean VOCAT, Alistair WRIGHT

Au Théâtre Michel

Jusqu’au 29 décembre 2026

Picto étoile | Get-picto
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Et si, pour sauver le monde, il suffisait de ne surtout pas se prendre au sérieux ? C’est en tout cas le pari joyeusement déjanté de On peut s’appeler Alain et sauver le monde, une comédie qui revendique haut et fort son goût pour l’absurde, les situations improbables et les jeux de mots qui fusent à toute allure. Ici, pas question de faire dans la demi-mesure : le rire est le maître du jeu, et les zygomatiques sont priés de suivre la cadence !

Dans la lignée des grandes heures des Nuls, la pièce cultive un humour décomplexé, volontiers potache, où l’invraisemblable devient la règle et où chaque situation semble pouvoir basculer dans une nouvelle absurdité. Les gags s’enchaînent à un rythme effréné, les répliques fusent et les rebondissements se succèdent sans laisser au spectateur le temps de reprendre son souffle. L’ensemble assume pleinement son parti pris : ne jamais se prendre au sérieux, quitte à pousser le curseur de la fantaisie toujours un peu plus loin. 

Mais derrière cette apparente légèreté se cache un véritable travail de précision. Les comédiens s’en donnent à cœur joie. Leur jeu, volontairement relevé lorsque la situation l’exige, ne tombe jamais dans l’excès gratuit. Ils savent pousser les curseurs au bon moment, jouer avec les codes du burlesque et donner corps à des personnages qui semblent parfois avoir définitivement perdu le contact avec la réalité. 

Autre belle trouvaille : le décor ! Ou plutôt les décors, tant l’espace scénique se métamorphose au gré des besoins de l’histoire. Ici, inutile de multiplier les éléments sophistiqués : quelques accessoires bien choisis, une ou deux breloques et surtout l’ingéniosité des comédiens suffisent à faire surgir de nouveaux lieux. Les changements s’opèrent sous nos yeux, avec une simplicité aussi futée qu’efficace. Les interprètes deviennent eux-mêmes les artisans de ces transformations, participant à une scénographie vivante qui prolonge l’esprit décalé du spectacle. C’est malin, original et particulièrement réjouissant. Une manière de rappeler que l’imagination, lorsqu’elle est bien employée, peut se révéler bien plus efficace qu’un déploiement de moyens techniques au résultat décevant. 

La construction de la pièce participe également à son efficacité. Organisée à la manière d’une succession d’épisodes, l’intrigue multiplie les rebondissements et joue avec les codes du suspense, jusqu’à ces fameux cliffhangers qui donnent envie de connaître la suite. Les transitions et les interruptions deviennent elles-mêmes des ressorts comiques, tandis que le comique de répétition installe progressivement ses propres repères. Une situation déjà drôle peut ainsi le devenir davantage lorsqu’elle revient, légèrement décalée ou poussée encore plus loin. Le spectateur se laisse embarquer dans cette mécanique où l’on attend autant le prochain gag que le prochain coup de théâtre.

Car oui, il est bien question d’espionnage, de suspense et, en principe, de sauver le monde ! Mais dans cet univers où rien ne se déroule comme prévu, la mission prend rapidement des allures de joyeux chaos.L’aventure part en cacahuète, les situations dérapent et l’intrigue semble parfois prendre un malin plaisir à s’éloigner de toute logique. C’est précisément là que réside le charme de cette proposition : nous savons que tout peut arriver, et c’est cette promesse qui entretient le plaisir.

Avec On peut s’appeler Alain et sauver le monde, on vient avant tout chercher une parenthèse de pur divertissement, un moment où l’on accepte de lâcher prise pour se laisser porter par la folie ambiante. Pas de leçon de morale, pas de prétention philosophique, mais une envie communicative de jouer avec les conventions et de faire rire. Et lorsque l’humour s’accompagne d’une véritable inventivité scénique et d’une troupe qui s’engage pleinement dans son délire, le plaisir est au rendez-vous.

On le sait, rire est excellent pour le corps comme pour l’esprit. Alors, pourquoi bouder son plaisir ? Si le monde ne sera peut-être pas sauvé à l’issue de la représentation, les spectateurs, eux, devraient repartir avec quelques soucis en moins et des zygomatiques sérieusement sollicités. Une comédie qui ne prétend pas changer la face du monde, mais qui réussit l’essentiel : nous offrir une bonne tranche de rire. Et par les temps qui courent, c’est déjà beaucoup !

En quelques mots :

Mission : Impossible — Budget : 6 chaises — Résultat : Spectaculaire !

Quand le patron de la plus grosse multinationale du monde prévoit de déverser 100 tonnes de déchets dans une nappe phréatique, un seul homme peut l’arrêter : Alain.

Problème : Alain n’est pas au courant.

Kidnappé par une agence écolo persuadée qu’il est l’Élu, il se retrouve catapulté, malgré lui, dans une mission dont il ne maîtrise ni les règles ni les codes.

6 comédiens, interprétant 28 personnages, un hélicoptère, une plaque d’égout et un serveur informatique. Ralentis, cascades et effets magiques.

Une véritable série… en live, sans écran.

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BILLETTERIE

Aurélien

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