Un soupçon d’amitié
De : Philippe FROGET
Mise en scène : Chloé FROGET assistée d’ Amandine CHATELAIN
Chorégraphies : Julia BRUEL
Scénographie : Caroline LOWENBACH
Costumes : Christine VILERS
Lumières : Damien PERAY
Musique : Christophe CHARRIER
Avec :
Ariane BROUSSE, Simon LARVARON, Cyril ROMOLI, Philipp WEISSERTOU
Jusqu’au 30 décembre 2026



Avec Un soupçon d’amitié, Philippe FROGET propose un huis clos où les personnages se retrouvent confrontés à leurs blessures, leurs secrets et à une histoire qui les dépasse. On entre progressivement dans un univers où les émotions sont à vif, parfois brutes, voire primitives.
La pièce peut compter sur des comédiens incontestablement excellents, qui donnent une véritable intensité aux personnages. On ressent leurs fragilités, leurs colères, leurs peurs et leurs contradictions. Cette incarnation est essentielle, car c’est avant tout par eux que la tension parvient à s’installer et à se maintenir.
La lumière est particulièrement réussie. Elle accompagne les événements avec précision et sait souligner les changements d’atmosphère, les moments de tension ou les révélations. Elle ne se contente pas d’éclairer la scène : elle participe véritablement à la narration et renforce cette impression d’enfermement qui traverse toute la pièce.
Les pas de danse constituent également une belle trouvaille. Lorsque les mots viennent à manquer à Daniella, le corps prend le relais et devient langage. Ces instants permettent de faire surgir les émotions autrement, avec une forme de pudeur et de poésie. On comprend alors ce que le personnage ne parvient plus à dire. Le mouvement devient une respiration dans une pièce où la parole est souvent chargée de tension.
En revanche, le choix du terme « thriller » semble discutable. On attend normalement d’un thriller qu’il entretienne le doute, qu’il joue avec les certitudes et qu’il réserve quelques véritables retournements. Or, quiconque s’intéresse un tant soit peu à l’Histoire comprend assez rapidement qui est qui, mais surtout qui ils ne sont pas. Le mystère s’évente donc assez vite.
La finalité de l’intrigue souffre du même défaut. Elle apparaît finalement assez prévisible puisqu’elle est annoncée par l’agent du Mossad lui-même dès le début. Dès lors, la surprise laisse place à l’attente : on ne cherche plus véritablement à découvrir ce qui va se produire, mais à voir comment les personnages vont y parvenir.
Et pourtant, malgré cette histoire parfois cousue de fil blanc, la tension fonctionne. C’est sans doute l’un des paradoxes les plus intéressants de la pièce. Le huis clos crée une atmosphère oppressante, tandis que les personnages, traversés par des émotions presque viscérales, font naître une véritable nervosité. On sent la colère, la peur, la méfiance et parfois même le désespoir affleurer sous les échanges. La tension vient donc moins de l’intrigue elle-même que de ce qui se joue entre les êtres.
C’est peut-être là que réside la force de Un soupçon d’amitié. Lorsque le suspense s’efface, il reste l’humain, avec sa violence, ses failles et ses émotions. On se laisse alors davantage porter par les personnages et par l’atmosphère que par le désir de connaître le fin mot de l’histoire
En quelques mots :
Que feriez-vous si votre meilleur ami était suspecté des pires atrocités ? Voilà la question à laquelle Daniella et Louis sont confrontés.
Nous sommes en Argentine, dans les années 60.
Un inconnu frappe à leur porte et vient leur faire de terribles révélations sur leur ami Joachim.
Leur loyauté va-t-elle s’incliner face à leur suspicion ?
Un thriller théâtral sous haute tension et sur fond historique, questionnant les limites de la confiance et la profondeur de nos valeurs…
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