Roberto Zucco
De : Bernard-Marie KOLTES
Mise en scène : Rose Noël
Collaboration artistique : Simon COHEN
Création musicale : Natalia BACALOV et Martin SEVRIN
Lumière : Enzo CESCATTI
Scénographie : Mathilde JUILLARD
Son : Mateo ESNAULT et Tom BEAUSEIGNEUR
Costume : Cloé ROBIN
Vidéo sur-titrage : Katell PAUGAM
Avec :
Natalia BACALOV, Lola BLANCHARD, Simon COHEN ou Vincent ODETTO, Laurence COTE, Suzanne DAUTHIEUX, Maxime GLEOZES ou Thomas RIO ou Pierre Loup MERIAUX, Axel GRANBERGER, Akrem HAMDI ou Julien GALLIX, Rose NOEL ou Milena SANSONETTI, Martin SEVRIN
Au Théâtre 14
jusqu’au 18 avril 2026





L’actualité nous montre des criminels aux physiques avantageux. Certains même reçoivent des propositions de contrat en dépit des choses à l’instar de Jeremy MEEKS. Qu’en est-il de Roberto ZUCCO ? Ange ou démon ?
Le spectateur entre dans l‘histoire avant même que le rideau ne se lève grâce à un concert donné par deux musiciens dont le talent continuera de nous éblouir durant la pièce – Quelle superbe reprise de« Bambino » ! En effet, le spectateur n’est pas passif pendant la représentation. La scène n’existe pas tout à fait, l’entièreté du théâtre est utilisée et nous avec. Cette mise en scène a le don extraordinaire de placer le public en acteur dans une sorte de malaise toutefois suffisamment bien dosé pour ne pas nous faire quitter les lieux. Mais c’est aussi un autre aspect qui nous fait rester et avec lequel la mise en scène joue : la fascination. Tout comme les victimes de ZUCCO, on reste fasciné par le tueur. Soulignons d’ailleurs le jeu extraordinaire d’Axel GRANBERGER dans le rôle-titre. Il a en lui l’impulsion qui donne l’impulsivité vicieuse de ZUCCO. On a d’ailleurs eu la chance se trouver à cinquante centimètres de lui pour apprécier pleinement son jeu avec encore ce sentiment de vulnérabilité qui nous prend tandis que lui reste dans la séduction et la manipulation davantage par le regard que par les mots. Parlons d’ailleurs du regard qui montre parfaitement l’homme (Animal ?) en mal avec lui-même et le monde. On assiste à sa transformation étonnante : celle du garçon attirant bien sous tous rapports en apparence qui tout doucement fait place au monstre dans sa performance physique. Ces déplacements sont, en autres, la parfaite illustration de sa déchéance. La place de la prétendue beauté intérieure prend un sacré coup de pied au cul.
Pour chacun des autres personnages, en particulier celui de la mère, on est sur une manière de jouer qui relève de la tragédie au sens noble du terme. Là aussi, c’est un angle intéressant qui promet beaucoup dès les premières secondes.
Par ailleurs, l’utilisation de sur-titres ne sert pas uniquement à traduire les quelques phrases en italien. Ce sur-titrage agit comme un surligneur sur le texte renforcé encore par les musiciens.
Enfin le final nous secoue complètement. Les sentiments contraires s’emparent de nous et viennent faire voler en éclats des convictions et certitudes intimes.
Une expérience de théâtre qui place le spectateur au cœur de l’espace et au cœur d’une réflexion sur l’apparence autour d’un texte brillant. Un thriller psychologique palpitant presque œdipien !
En quelques mots
Une nuit, Roberto Zucco s’évade de la prison dans laquelle il a été incarcéré pour le meurtre de son père. Commence alors une cavale vertigineuse, jalonnée de rencontres, illustratrices d’une quête d’identité. Alors qu’il est sans cesse traqué par les inspecteurs, son visage d’ange ne fera qu’intriguer : comment un garçon si beau peut-il agir ainsi ? Inspirée d’un fait divers, la pièce de Koltès explore la part sombre qui sommeille en chacun de nous. Elle interroge notre rapport à la violence, à la liberté, au désir, et à la place que nous cherchons dans la société. Portée par une langue poétique et brute, cette épopée plonge au cœur de nos contradictions, entre peur et fascination.
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