Napoléon
De : Maxime D’ABOVILLE
D’après les textes de Victor HUGO, François-René de CHATEAUBRIAND, Léon TOLSTOI
et Jean D’ORMESSON
Décors : Marguerite DANGUY DES DESERTS
Lumières : Dorian MJAHED-LUCAS
Avec :
Maxime D’ABOVILLE
Au Théâtre de Poche Montparnasse
Jusqu’au 4 janvier 2027




On a l’impression de l’avoir attendu une éternité ce quatrième chapitre d’Histoire de France raconté et mis en scène par Maxime D’ABOVILLE. Aussi l’adage “La patience est toujours récompensé” se vérifie.
Dans ce nouveau chapitre, le comédien s’empare de la figure de Bonaparte à travers les textes de grands auteurs qu’il fait résonner avec fougue et ferveur. Il y a chez lui une verve presque adolescente, celle des élans amoureux, à ceci près que son objet de passion n’est autre que l’Histoire. Une passion communicative : porté par cette ivresse du verbe, le spectateur se retrouve suspendu à ses lèvres, qu’il évoque les grandes batailles, d’Austerlitz à Waterloo, ou qu’il nous entraîne dans des épisodes plus intimes de la vie de Napoléon.
Mais le plus remarquable est peut-être ailleurs. Dans un décor épuré, enrichi d’une iconographie aussi discrète que symbolique, Maxime d’Aboville investit le plateau dans toute son ampleur et s’en empare avec une étonnante présence. Il n’a besoin ni de foule ni de décors monumentaux pour faire surgir sous nos yeux des batailles, des hommes et des destins. Les fresques sont invisibles, mais elles prennent forme dans notre imaginaire avec une précision saisissante.
Le sémillant Maxime d’Aboville est à l’Histoire ce que Jamy Gourmaud est à la Science : un passeur de connaissances qui sait les rendre vivantes, accessibles et surtout passionnantes. On se prend à rêver que tous les professeurs puissent un jour monter sur une estrade avec une telle énergie et donner à leurs élèves le goût du savoir en véritables conteurs.
Par instants, son art de raconter n’est d’ailleurs pas sans évoquer celui du Dragon d’Evgueni Schwartz, où le récit, la fantaisie et la dimension épique se mêlent avec bonheur.
Et puis vient l’épilogue. Après tant de retenue et de maîtrise, le récit se fait plus grandiloquent, presque emporté par son propre souffle. Une conclusion qui assume pleinement la démesure du personnage auquel elle est consacrée.
Napoléon est donc un seul-en-scène enlevé, gérnéreux et érudit, qui nous happe pour nous transporter dans un empire de littérature et d’Histoire. Et dans cet empire-là, Maxime d’Aboville règne en véritable triomphateur.
En quelques mots :
De la campagne d’Italie à son exil à Sainte-Hélène – de la gloire de Bonaparte à la chute de Napoléon – Maxime d’Aboville ressuscite l’épopée de l’une des figures les plus ambiguës de notre Histoire. Accompagné par Chateaubriand, Hugo, Tolstoï, Jean d’Ormesson, il traverse cette existence vouée à la conquête et au pouvoir, qui inspire autant les historiens que les écrivains.
Deux siècles après sa mort, l’Empereur exerce toujours la même fascination. Une nouvelle leçon d’histoire, à la mesure de son sujet !
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Aurélien.







