Le Tartuffe ou l’Hypocrite
De : Molière
Mise en scène : Ivo VAN HOVE assisté de Laurent DELVERT
Dramaturgie : Koen TACHALET
Scnéographie et Lumières : Jan VERSWEYVELD
Costumes : An D’HUYS
Musique originale : Alexandre DESPLAT
Collaboration musicale : Solrey
Son : Pierre ROUTIN
Vidéo : Renaud RUBIANO
Assistanat à la scénographie : Jordan VINCENT
Assistanant aux lumières : François THOURET
Avec :
Diego ANDRES, Sylvia BERGE, Loïc CORBERY ou Stéphane VARUPENNE, Julien FRISON, Chahna GREVOZ, Thierry HANCISSE, Marina HANDS, Claude MATHIEU, Christophe MONTENEZ, Hippolyte ORILLARD, Lisa PELISSIER, Alessandro SANNA, Sara VALERI
jusqu’au 11 juillet 2026




Il aura fallu attendre quatre siècles pour finalement voir se jouer la version censurée par Louis XIV du Tartuffe de Molière. Une impatience qui se termine par le biais d’une institution en ce qui concerne Molière : la Comédie Française. Cette dernière confie les rênes de la mise en scène à Ivo VAN HOVE qui nous avait mis à terre avec Les Damnés au Festival d’Avignon 2016.
Dès les premiers instants, on prend conscience qu’on va, une nouvelle fois, être soufflé au point de tomber à la renverse tant l’introduction s’impose en une scénographie aux allures angoissantes presque mortifères et pourtant sublime. Cette mise en appétit intrigue et se révèle magistrale. Et magistral, c’est aussi le qualificatif qu’on emploiera pour parler du jeu des comédiens avec en tête, évidemment, Christophe MONTENEZ dans le rôle-titre. Il installe dans une interprétation un climat pesant. Il fascine, comme il se doit, non en dévot pour le spectateur conscient du forfait de l’homme mais en diable. Son jeu se révèle dantesque comme pour appuyer son hypocrisie envers l’Eglise. Magnétique, il agit en ténébreux gourou sur ses victimes. Aussi manipulateur que Don Juan sinon pire, il est aux antipodes d’Alceste, Le misanthrope. Rien d’étonnant que face à lui, Thierry HANCISSE se montre, envoûté, tel un détestable fanatique. Son interprétation révèle un homme possédé par le démon. Notons d’ailleurs que les références bibliques ne manquent pas dans le jeu des comédiens : Tartuffe est tel le serpent dans ses déplacements. Encore davantage, d’ailleurs, quand il pousse Elmire, jouée par Marina HANDS, à pêcher. Les péchés capitaux se dévoilent aux yeux du spectateur dans des scènes brillantes de cynisme au point d’en amuser l’auditoire. Car Le Tartuffe, c’est avant tout une comédie et si, ici, elle devient noire, elle n’en perd pas son piquant.
On notera que chaque entrée se veut théâtrale mais sans faire cliché. La lumière diaphane intervenant par chocs souligne l’obscurantisme d’une scénographie clinique qui continuera tout du long à nous maintenir figés dans l’expectative.
Reste cet épilogue si discutable qu’il laisse perplexe. S’agit-il de désavouer le style de Molière par un cas concret ? Il reviendra à chacun de s’en faire son opinion.
Le Tartuffe ou l’Hypocrite est une pièce qui résonne comme l’absolution d’une œuvre non pas condamnée mais damnée. Cela en fait une assez bonne raison pour ne pas la manquer !
En quelques mots
Ivo van Hove est connu pour ses mises en scène radicales de classiques, qu’il a l’art de repousser dans leurs extrêmes. Entre ses mains, Le Tartuffe ou l’Hypocrite devient une « expérimentation sociale » sulfureuse, où s’affrontent forces conservatrices et progressistes.
Bien que l’ayant approché à deux reprises, Ivo van Hove n’avait jamais mis en scène Molière en français jusqu’à ce que la Comédie-Française, à l’occasion du 400 e anniversaire de la naissance du dramaturge, lui propose de s’emparer du Tartuffe dans sa version originelle, celle qui a été censurée par Louis XIV, en 1664. Restituée pour la première fois par l’historien Georges Forestier, avec la complicité de la professeure de lettres Isabelle Grellet, elle est composée de trois actes au lieu de cinq. Resserrée autour de la relation Elmire-Tartuffe, elle est empreinte, selon les mots du metteur en scène flamand, « d’une force violente, presque sauvage ». Hypocrite et non plus Imposteur, dévot par nécessité de survie plus que par duperie, Tartuffe est un mendiant installé par Orgon et sa mère Madame Pernelle, au cœur de la demeure familiale. À l’intérieur, c’est le chaos. Cléante, Damis et même la servante Dorine s’opposent avec véhémence au patriarche, rejouant l’éternel conflit entre tenants de l’ordre social et religieux établi, et partisans de l’émancipation individuelle. Plus virulente, plus sensuelle, plus explosive que celle que l’on connaît, cette version est sublimée par une scénographie sombre et contemporaine, pour un théâtre ardent, écorché, à vif.
Ce spectacle contient une scène de nudité..
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