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Grand peur et misère de la Vème République | Le Monde Du Cinéma

Grand peur et misère de la Vème République

Grand peur et misère de la Vème République

Texte et mise en scène : Bertrand DE ROFFIGNAC
Assistanat à la mise en scène : Carla LEGAY
Creation sonore : Rodolphe MENGUY et Leonard VANDERHAEGEN
Creation Lumière et Vidéo : Gérald GROULT
Création Costumes : Anastasia DOROTCHIK
Régie Plateau : Matthieu d’AUREY

Avec :
Louis ALBERTOSI, Florian ASTRAUDO, Zakary BAIRI, Victorien BONNET, Céline CHEENNE, Carla LEGAY, Matteo LOCHU, Perrine MECHEKOUR, Rodolphe MENGUY, Charlotte PLANCHOU, Nemo SCHIFFMAN, Maximilien SEWERYN

A L’anomalie

jusqu’au 25 septembre 2026

Picto étoile | Get-picto
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Entre thriller, cabaret et tribune, le Théâtre de la Suspension et Bertrand de ROFFIGNAC tapent encore dans le mille avec Grand Peur et Misère de la Ve République, joué dans le tristement éphémère théâtre L’Anomalie.

Dans cette nouvelle proposition des créateurs prolixes, on explore nos peurs, ou plutôt notre absence de peur face à l’actualité politique et sociale. Un regard sur le monde, tout en provocation. Comme d’habitude, ça tire à balles réelles, et c’est ce qu’on aime à L’Anomalie et chez De ROFFIGNAC. Il y a eu Grand Œuvre, maintenant Grand peur… Force est de constater qu’au théâtre de la Suspension, la taille ça compte. Indubitablement, ça procure plus de sensations. Même si ça ne plaira pas à ceux qui ont l’esprit aussi étriqué que leur trou de balle, ça va souvent de pair, mais le propos interpelle.

Pas seulement les mots, mais aussi la mise en scène et la création visuelle. C’est important dans ce monde où l’image a pris tant de place. Important pour distribuer les uppercuts, bousculer le spectateur. Sonner le public. Frapper plus fort. Et on en demande encore.

Notons d’ailleurs que, dans la salle archi-bondée, pas une personne ne quitte la salle. Le théâtre subventionné est loin de réaliser ce prodige. Ah ! C’est sûr qu’on n’est pas sur du Pommerat soporifique.

L’œuvre est riche de détails et d’accessoires. Les références en tous genres se bousculent dans cette forme d’art plastique et littéraire. Shakespeare côtoie Aznavour et bien d’autres. L’autodérision et la dérision s’installent pour nous faire rire avec cette histoire de monstres qui veulent triquer face à l’impuissance érigée. Le théâtre est engagé et sexualisé. L’illusion devient réelle et inexorable.

Autre point : si c’est bien face à une tribune théâtrale qu’on se tient, la distribution ne prend jamais partie, le spectateur garde son libre arbitre. La liberté est dans la proximité des gradins, pour un plus beau partage.

Grand Peur divise pour mieux rassembler, en étant percutant. Un texte qui a l’intelligence de l’outrecuidance, et vice-versa.

En quelques mots

La France a peur. De l’extrême droite, de l’extrême gauche, des riches, des pauvres, des migrants, des pédophiles, des virus, des voisins, des algorithmes, de l’effondrement climatique, de la guerre qui vient et de la fin de la démocratie. Elle a peur de tout — et surtout de ce dont les autres n’ont pas assez peur.
Un producteur et un réalisateur de films d’horreur se demandent alors : peut-on encore inventer une fiction suffisamment terrifiante pour rivaliser avec le monde contemporain ?
Entre comédie sociale, théâtre didactique brechtien et film d’horreur, Grand Peur et Misère de la Ve République ausculte une société qui prétend avoir chassé la violence de ses mœurs tout en vivant dans son spectacle permanent.
Et si notre époque n’avait pas seulement peur de l’avenir ?
Et si elle avait surtout peur de ne plus avoir peur ?

SITE OFFICIEL

BILLETTERIE

Aurélien

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