Una Madre (Critique)

Una Madre

D’après Le Testament de Marie de : Colm TOIBIN

Mise en scène : Amahì SARACENI

Musique et création du dispositif : Alvise SINIVIA

Scénographie : Franck JAMIN assisté d’ Anabel STREHAIANO

Lumière : Eric WURTZ assisté de Carlo MENE

Son : Clément HUBERT assisté de Renato BARATTUCCI

Costumes : Consuelo ZOELLY

Avec :

Vittoria SCOGNAMIGLIO, Alvise SINIVIA et Éloïse VEREECKEN

Dates de représentations en fonction des arbitrages gouvernementaux

Au Théâtre 14

Dès que l’on s’installe dans la salle, on sait ! On sait qu’on va assister à quelque chose de tout à fait novateur de par l’installation qui envahit la scène. La curiosté s’empare de nous.

Arrive finalement cette « madre », le regard dur mais protecteur. C’est dire qu’elle porte bien son titre et son rôle. Elle parle posément sans jamais un mot de trop. Malgré une colère masquée, devrait-on dire rancoeur ?, elle apaise. Elle revient sur la passé et crée le lien entre ce passé et son parrallèle sans jamais aborder l’avenir. Sans avoir à fermer les yeux ou à forcer notre imagination, on plonge avec elle dans ce(s) passé(s) composé(s).
Toujours pince sans rire, elle séduit passant du français à l’italien ainsi qu’au napolitain. Elle insiste sur les accents quelque soit la langue en bonne italienne qu’elle est. Et toujours en bonne italienne, parle d’un fils, le fils.

Autour d’elle, l’installation qui nous avait interpellée avant le début de la pièce prend vie, des cadres de pianos reliés entre eux par des cordes qui traversent la scène se mettent à jouer grâce aux arstistes qui évoluent à l’intérieur. Novateur ! Parce qu’on ne le répètera jamais assez, l’artiste n’a pas besoin da la consigne d’un dirigeant pour « se réinventer », c’est son métier, sa raison de vivre. Et on s’extasie face à cette « instrument-monument » qui se joue comme une danse.

Durant toute la pièce, le travail sur le son est ahurissant ! Il en advient une atmosphère mysthique. C’est une sorte de fausse confusion qui sert habilement le récit raconté comme le ferai un vieux sage à une tribu.

Una Madre est d’un esthétisme singulier qui fait appel à tous les sens.

 

L’histoire

Una Madre est à la fois une installation, un concert, une danse, une pièce de théâtre. Chaque art se côtoie, s’affirme, s’isole et met l’autre en lumière. Une mère raconte l’éloignement et la mort de son fils. Elle tente de s’opposer au mythe que forgent les anciens compagnons de son fils; ils dressent un portrait dans lequel elle ne le reconnaît pas et veulent bâtir autour de sa crucifixion une légende qu’elle refuse. Une femme que nous avons toujours vue muette se met à parler et nous raconte ce qu’elle a réellement vécu. Le texte de Colm TOIBIN, Le Testament de Marie, est le fil d’Ariane qui parcourt cette création, entrelaçant l’italien, le napolitain et le français. La puissance de la musique et le visuel des pianos désossés d’Alvise SINIVIA, tels des instruments anciens presque archaïques font résonner au sens propre tout l’espace, et tissent les liens entre une histoire ancestrale et notre modernité.


Crédit Photo : Roberta VERZELLA

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Aurélien.

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