Les Mots d’Electre (Critique)

Les Mots d’Electre

D’après : Jean GIRAUDOUX

Adaptation : Sébastien BIZEAU

Mise en scène : Sébastien BIZEAU

Lumières : Tristan LIGEN

Avec :

Matthieu LE GOASTER, Paul MARTIN, Maou TULLISSI, Juliette URVOY et Grégory VERDIER

Les 5 février, 16 mars et 11 avril 2022

Au Théâtre de l’Atelier

 

Pour cette création, on a plaisir à entendre un texte qui mêle l’oeuvre originale de Jean GIRAUDOUX à une plume plus contemporaine. Un mélange qui donne un mix « régalatoire » et une écriture au cordeau… Le texte en devient prodigieusement intéressant. Tout tourne autour d’un élément du titre : les mots. Ceux-ci sont maniés avec finesse. On repense parfois au mythe de Cassandre et de ses visions mais bien entendu, on pense aussi aux Euménides puisque c’est de cette histoire dont il est question dans une version transposée à notre époque.

Entre moments de rire et passages tragiques. On aura du mal à se positionner sur cette mère qui s’avère invasive, avant sa plongée dans le coma. Doit-on la pleurer, doit-on penser qu’elle ne mérite pas d’empathie ? Vous vous ferez votre propre opinion. Car dans cette histoire, chaque membre de la famille montre sa part la plus détestable… Entre tendresse et vengeance, drame et humour, les comédiens font preuve d’une large palette d’émotion. On regrettera toutefois que l’ensemble soit parfois encore un peu vert pour cette première représentation.

La pièce est servie par une bande originale qui saura toucher le spectateur. Quant à la mise en scène, elle est aérienne. Sans fioriture ni la complexité d’une scénographie qui nuirait au pouvoir des mots.

Plus qu’une représentation programmée pour aller découvrir cette légende nouvelle riche d’inventivité.

 

L’histoire

Quinze ans après le suicide de son père, le chef du restaurant étoilé Argos, Electre est confrontée à la maladie de sa mère plongée dans le coma.

Animée par une haine pour sa mère qui la dévore, Electre veut convaincre le corps médical d’interrompre les soins, mais ses mots se heurtent aux paroles vides de sens de ses interlocuteurs.

Son frère Oreste, absorbé par l’écriture d’éléments de langage pour le ministre qu’il conseille, tente de convaincre sa sœur de renoncer à son entreprise.

Résolue à condamner leur mère au silence et à faire la lumière sur la mort de leur père, Electre enjoint à Oreste de l’aider à faire triompher la vérité – avec les armes d’aujourd’hui : les mots, ceux qui disent, qui révèlent, et parfois tuent.

Une adaptation du mythe d’Electre, mêlant la langue de Jean Giraudoux aux propos de dirigeants politiques actuels ou encore à la novlangue managériale contemporaine, qui interroge le langage.

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BILLETTERIE

Aurélien.

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