Mademoiselle Else (Critique)

Mademoiselle Else

de : Arthur SCHNITZLER

Mise en scène et Adaptation : Nicolas BRIANÇON

Costumes : Michel DUSSARAT

Vidéo : Olivier SIMOLA

Lumières : Jean Pascal PRACHT

Son : Emeric RENARD

Avec :  Alice DUFOUR

Et les voix de : Michel BOMPOIL, Anne CHARRIER, Cécile FISERA, Magali LANGE et François VINCENTELLI

Jusqu’au 3 janvier 2021

Au Théâtre de Poche Montparnasse

 

On est face à cette évidence dès la première seconde : le rôle de Mademoiselle Else sied parfaitement à Alice DUFOUR. Elle y apparait pleine de superlatifs. Envoutante, voluptueuse ou encore resplendissante. son charme s’associe à une démarche tantôt charmante tantôt goguenarde. Elle est telle une adolescente à l’insouciance encore intacte. Facile avec un tel physique de jouer ce rôle ?! Non ! L’actrice en marge de son personnage « Sois belle et tais-toi ! » possède un jeu qui ne faiblit jamais mais qui, à l’inverse, gagne en intensité.
Elle passe d’un détachement juvénile à la condition de femme objet avec des émotions noyées au fond d’un regard qu’elle parvient à garder comme vide. Sorte de manière de manière de montrer qu’elle garde le contrôle. Des émotions qu’elle veut à géométrie variable. Une géométrie qu’on retrouve dans la scénographie.
Mélancolie, bucolisme se tiennent devant un fardeau qu’elle porte avec tant de force qu’elle parvient à nous décoller la peau du dos tandis qu’elle s’enveloppe de papier de soie !

La force repose aussi sur une beauté qui s’étiole sans jamais faner. Une rose qui sécherait en gardant son allure mais moins son éclat.

En termes de mise en scène, Else minaude, se fait désirer, disparaît et réapparait. L’éclairage, la vidéo, le son et les voix additionnelles ajoutent à mettre une ambiance caressante et tous ces éléments semblent agir comme des murmures autour de la comédienne. Une comédienne qui pense à voix haute tout en semblant s’adresser à un auditoire.

Dans une complicité qui crève les yeux, Nicolas BRIANÇON a fait, tel un joaillier, de Mademoiselle Else et d’Alice DUFOUR un fascinant bijou dépoli qu’on ne quitte pas des yeux…

Thaumaturgique !

L’histoire

Un riche bourgeois viennois, frappé d’un ennui d’argent, demande à sa fille d’aller prier l’un de ses vieux amis de lui prêter 30000 florins. Celui-ci accepte à condition qu’elle se montre nue à lui. Else va vivre-là une dramatique épreuve qu’elle résoudra par une étrange et spectaculaire décision. Un chef d’œuvre d’Arthur Schnitzler converti en un monologue vécu en direct par l’héroïne.

 

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BILLETTERIE

 

Aurélien.

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