Les oubliées de Londres
De : Alexandra BIALY
Mise en scène : Alexandra BIALY assistée de Jordan TOPENAS
Décor : François IAFATRE
Costumes : Christine VILERS
Lumières : Tristan MOUGET
Musique : Dominique MATTEI
Avec :
Benjamin ALAZRAKI, Alexandra BIALY, Antoine BORDES, Léo GRELE, Dorothée MOREAU, Fabienne TENDILLE
Jusqu’au 30 décembre 2026



Passé le confort pour le moins spartiate du Palais des Glaces, on découvre un spectacle qui fait un choix dramaturgique particulièrement intéressant : plutôt que de s’attarder sur la figure de Jack l’Éventreur, Alexandra Bialy choisit de replacer au centre celles que l’Histoire a trop souvent reléguées à l’arrière-plan : ses victimes.
Et ce changement de perspective n’est pas qu’un simple parti pris. Il modifie profondément notre façon d’aborder cette histoire pourtant maintes fois racontée. Ici, l’assassin n’est finalement pas le personnage principal. Ce sont ces femmes, leurs existences, leurs difficultés, leurs espoirs et leurs fragilités qui occupent l’espace. On connaît l’issue qui les attend et, pourtant, cela ne diminue en rien la tension. Bien au contraire : cette connaissance transforme chaque déplacement, chaque rencontre et chaque moment d’attente en menace potentielle. On reste sur le qui-vive avec elles.
Le texte réussit par ailleurs à faire résonner cette histoire ancienne avec des préoccupations toujours actuelles. Sans chercher à plaquer artificiellement notre époque sur celle du Londres victorien, l’écriture crée des échos suffisamment parlants pour que le propos dépasse le simple récit historique. Et parce que le spectacle ne s’enferme pas dans une atmosphère constamment sombre, quelques touches d’humour viennent régulièrement desserrer l’étau. Elles sont bienvenues, d’autant qu’elles arrivent sans casser la tension installée.
Le rythme participe largement à cette sensation de danger permanent. Les scènes s’enchaînent avec suffisamment d’énergie pour ne jamais laisser retomber complètement la vigilance du spectateur. On avance avec cette impression que quelque chose peut basculer à tout instant. La musique accompagne efficacement ce mouvement.
La mise en scène réserve elle aussi son lot de surprises. La scénographie, loin de chercher la démesure, multiplie les idées et les détournements astucieux. Certains éléments prennent ainsi une fonction inattendue et participent pleinement au récit. Les trouvailles visuelles ne sont donc pas de simples effets : elles servent l’action.
Et tout cela le moindre écran, d’une projection permanente ou d’une intelligence artificielle. Oui, oui, c’est encore possible !
Les oubliées de Londres va ainsi à l’essentiel, sans sacrifier ni l’atmosphère ni la dimension humaine de son récit. Alexandra BIALY s’appuie sur une écriture efficace, un rythme maîtrisé et une mise en scène pleine d’astuces pour proposer une autre façon de regarder l’une des affaires criminelles les plus célèbres de l’Histoire.
Et surtout, en choisissant de faire entendre celles dont on a longtemps surtout retenu la mort, le spectacle leur rend, le temps d’une représentation, quelque chose de précieux : une place au premier plan.
En quelques mots :
La face cachée de l’enquête officielle sur le meurtrier le plus célèbre de l’Histoire
La comédie irrévérencieuse que personne n’a osé raconter.
Londres, 1888. Au milieu de la nuit, une femme est assassinée à Whitechapel. Alors que Scotland Yard tarde à ouvrir une enquête, la presse s’empare déjà de l’affaire. D’un simple badaud à la reine d’Angleterre tout le monde veut mettre la main sur celui qui se fait appeler « Jack ». Derrière les rideaux d’une maison close, un groupe de femmes décide d’agir : retrouver le meurtrier avant qu’il ne les trouve.
Et si, cette fois, les héroïnes de l’histoire, c’étaient-elles ?
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Aurélien







