Quatrevingt-treize
de : Victor HUGO
Mise en scène et adaptation : Marion BIERRY
Scénographie : ARTHUR VLAD
Peintures : Marguerite DANGUY DES DESERTS
Costumes: Nora SCHEIDL
Lumières : Stéphane BALNY
Avec :
Alexandre BIERRY, Stéphane BIERRY, Benjamin BOYER, Thomas COUSSEAU ou Julien ROCHEFORT, Marine MONTAUT ou Pamela RAVASSARD, Mathurin VOLTZ
Au Théâtre de Poche Montparnasse
Jusqu’au 31 décembre 2026



Après le succès de la pièce Le menteur, Marion BIERRY avait la dure tâche d’adapter Quatrevingt-treize. Pourquoi dure, parce qu’au risque de se faire des ennemis, lire du Victor HUGO, c’est lourd. On lui préfère largement ZOLA mais si ce dernier n’a jamais réussi, à être correctement adapté sur scène, pour HUGO, ce n’est pas la même mayonnaise, que ce soit en théâtre ou, évidemment en comédie musicale, c’est toujours une réussite. Avec son Quatrevingt-treize, Marion BIERRY ne déroge pas à la règle.
Portée par une scénographie à l’esthétisme graphique convaincant, la pièce prend des airs de deux arts figuratifs : la peinture et la sculpture. Ainsi, l’œuvre aux dimensions épiques semble un tableau qui s’anime devant nous. Tout participe à cet effet, en plus de la scénographie de plus en plus resserrée, on a le choix des couleurs et des costumes qui accentuent encore cet effet pictural. Le détail est poussé jusque dans le personnage de La Flécharde. Chacun y verra sans mal le Delacroix repris sur l’affiche du spectacle ou La Marianne de 9,5 mètres située place de la République à Paris qui, dans le cas présent passe au-delà de ses voies pour semer La Terreur dans les provinces de France.
C’est bien une des seules représentations visuelles emblématiques de cette période de l’histoire que reprend la pièce, les autres sont délibérément laissés à notre inconscient. Bonnet phrygien ou guillotine sont masqués à nos yeux pour y être inscrits pleinement dans la narration.
Sur le jeu on est, là aussi, sur quelque chose d’épique dans la phrasé. Le sens de la formule est souligné avec ferveur. On ne comprend cependant pas pourquoi Robespierre est joué par une femme. Il y a, certainement, un sens caché que nous ne saisissons pas puisque cinq acteurs masculins étaient en capacité d’enfiler sa perruque.
Enfin, on s’attache aux personnages quels qu’ils soient dans cette pièce. Révolutionnaire, monarchiste… chacun apporte son lot d’émotions laissant planer un vain espoir de ”happy ending”. La raison en est que la mise en scène de Marion BIERRY s’attarde davantage sur le rythme, les affrontements entre les personnages et la force du texte plutôt que de donner un cours d’histoire. Elle met en relief idéaux politiques, violence et humanité. Une adaptation efficace qui donne va à l’essentiel : la moralité dans toutes ses étymologies.
Le roi est mort. Vive le roi. Et vive le Théâtre !!!
En quelques mots :
Hugo jette les six personnages de cette fresque héroïque dans la tempête de 1793. Républicains ou royalistes, sans-culottes ou paysanne vendéenne, tous se débattent contre le sort. Coups de théâtre, traits d’humour, verbe étincelant, actes d’amour et faits de noblesse : le roman révolutionnaire de la grande geste hugolienne se déploie sur scène comme un diaporama vivant.
Après le succès du Menteur de Corneille, Marion Bierry embrase à nouveau la scène du Poche avec cette création épique !
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Aurélien







