Le Schpountz
De : Marcel PAGNOL
Mise en scène : ARTHUR CACHIA et Delphine DEPARDIEU
Adaptation : Arthur CACHIA
Musique : Polérik ROUVIERE assisté de Loïc DE OLIVEIRA
Lumières : Didier BRUN
Costumes : Marion FRANCOIS
Scénographie : Emmanuel CHARLES
Avec :
Axel BLIND, Arthur CACHIA, Patrick CHAYRIGUES, Simon GABILLET, Milena MARINELLI
et Jean-Benoît SOUILH
Au Lucernaire
Jusqu’au 10 janvier 2027




Nul besoin de douter du talent de Delphine DEPARDIEU et d’Arthur CACHIA. Qu’il s’agisse de comédie, de mise en scène ou d’adaptation, les deux artistes ont cette capacité assez rare à attraper le public, quel que soit le registre dans lequel ils choisissent de l’emmener.
Avec Le Schpountz, actuellement au Lucernaire, c’est du côté de la comédie qu’ils unissent leurs talents. Et l’on pourrait presque dire que Marcel PAGNOL réussit décidément bien à Arthur CACHIA… et au Lucernaire. Peut-être arrivera-t-il même, un jour, à nous faire aimer Marius. Mais pour l’heure, c’est Irénée Fabre qui nous intéresse.
Et pour ce Schpountz, la troupe excelle. Dès les premières scènes, quelque chose de la Provence de PAGNOL s’installe. On croit entendre les cigales, sentir la chaleur écrasante du Midi, avant de basculer vers un Paris des années 1930 où résonnent les automobiles à bielle. Le passage d’un univers à l’autre fonctionne notamment grâce au jeu des comédiens, capables de changer d’accent et d’énergie avec une belle crédibilité.
Si l’on veut vraiment chercher la petite bête, on aurait aimé la même fluidité dans certains changements de scènes et de lieux. Mais le spectacle trouve rapidement son rythme et sait surtout préserver ce qui fait le charme de PAGNOL : des personnages hauts en couleur, des dialogues savoureux et, derrière le rire, une profonde tendresse pour les êtres humains.
Car Le Schpountz n’est pas seulement l’histoire d’un naïf qui rêve de devenir comédien. C’est aussi celle d’un homme qui veut croire en son destin, quitte à se rendre ridicule aux yeux de ceux qui l’entourent. Arthur CACHIA s’empare d’Irénée avec une énergie communicative. Son Schpountz est drôle, parfois franchement ridicule, mais jamais méprisable. Il y a même chez lui quelque chose du Monsieur Jourdain du Bourgeois gentilhomme : une forme de conviction absolue qui le rend aussi agaçant qu’attachant. Il ne comprend pas toujours le monde qui l’entoure, mais il croit profondément en ce qu’il est et en ce qu’il pourrait devenir.
C’est probablement là que le spectacle trouve sa plus belle dimension : dans cette manière de nous faire rire d’Irénée tout en nous faisant progressivement prendre son parti. Sous la caricature affleure une vraie humanité. Et lorsque le rire s’efface quelques instants, on mesure combien ce personnage, en apparence si léger, est finalement animé par quelque chose de très universel : le besoin d’être reconnu et la volonté de croire en ses rêves.
Les monologues constituent à ce titre de véritables morceaux de bravoure. Ils sont parfaitement maîtrisés, aussi précis dans le rythme que captivants dans leur interprétation. Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas : certaines scènes sont accueillies par des applaudissements en plein spectacle, ce qui devient suffisamment rare pour être souligné. Ces réactions disent autant le plaisir du public que la capacité des comédiens à créer une véritable complicité avec la salle.
Et puis il y a cette conclusion, particulièrement réussie, où réalité et fiction finissent par se confondre.
Avec Le Schpountz, Arthur CACHIA et Delphine DEPARDIEU proposent donc une adaptation qui ne cherche pas à dépoussiérer PAGNOL à tout prix. Elle assume au contraire son charme populaire, son accent, ses personnages et son humour, tout en leur donnant une belle énergie scénique.
Un spectacle drôle, généreux et finalement touchant, qui rappelle que certaines comédies ne vieillissent pas lorsqu’elles continuent à parler de nous. Et contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, ce Schpountz-là est loin d’être un désastre triomphal : c’est une jolie réussite, qui nous emporte avec elle.
Le Schpountz : une comédie qui a toujours le goût du soleil.
En quelques mots :
Irénée est un modeste garçon épicier travaillant dans la boutique de son oncle, dans les environs de Marseille. Il est persuadé qu’il a un don de naissance et rêve de devenir une vedette de cinéma. Une équipe de cinéastes parisiens passant par là pour des repérages, amusée par les prétentions de ce “Schpountz”, lui signent un faux contrat de comédien. Gonflé de tout son orgueil et sourd aux avertissements de ses proches, Irénée papier en poche, monte à Paris et se présente aux studios.
Une comédie familiale devenue culte, qui rend un hommage vibrant au rire et apportera au public le sourire et les larmes dont il a besoin pour vivre.
Ils pensaient faire une blague à un fou, ils sont tombés sur un Schpountz pas comme les autres.
SITE OFFICIEL
BILLETTERIE
Aurélien







